Rencontre avec Matthieu Lartot : "le handicap en France doit être un vrai sujet de société tout le temps et pas uniquement 12 jours tous les 4 ans"
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Le journaliste et commentateur sportif de France Télévision Matthieu Lartot était invité mardi dernier à l’Open BLS de Limoges, l’occasion pour lui de rencontrer les partenaires de l’évènement ainsi que de présenter son association « Debouts en bouts ».
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Matthieu Lartot, célebre commentateur des matchs du XV de France de rugby ainsi que de la quinzaine de Rolland Garros sur France Télévision, était de passage à Limoges le mardi 9 décembre 2025 à l'occasion d'une invitation lancée par Pascal Biojout, directeur du tournoi WTA de l'Open BLS de Limoges.
Matthieu Lartot a créé l'association "Debout en bouts" qui a pour but de soutenir les personnes amputées suite à une maladie. Cette association oeuvre pour une meilleure prise en charge des prothèses. Il a également écrit un livre intitulé "On n'ampute pas le coeur".
Après une conférence organisée à l'attention des partenaires du tournoi, nous avons pu rencontrer Matthieu lors d'un entretien dans lequel il nous a fait part de ses souvenirs du Palais des Sports de Beaublanc, ainsi que de son association "Debout en bouts".
"Il faut être fier de l'Open BLS de Limoges"
Q: Mathieu, parlons du tournoi. Quel est votre jugement de spécialiste du tennis sur ce tournoi ? Nous ici on est fiers de ce tournoi...
Matthieu Lartot :
"Il faut être fier, ce n’est pas évident d'organiser des tournois WTA en France, donc il n'y en a pas beaucoup, donc quand il y en a, il faut le soutenir, venir encourager les athlètes qui viennent. Il y a quand même 10 filles du top 100 qui participent à ce tournoi, il y a Elsa Jacquemot qui est la numéro 2 française qui est présente, qui a peut-être une petite chance de gagner ce tournoi, on lui souhaite. Et puis il y a beaucoup d'énergie mise en place pour faire rayonner une compétition de la sorte dans une région comme Limoges où Beaublanc a besoin aussi un petit peu de continuer à exister, peut-être au-delà du basket, puis on voit bien qu'il y a des choses qui sont faites pour rénover un petit peu tout ce site qui est quand même iconique pour le sport français.
Donc c'est très important et c'est pour ça que moi j'ai répondu favorablement tout de suite quand Pascal (Biojout) m'a demandé de venir passer une journée ici. Et puis voilà, il faut profiter de ces moments-là, et aussi admirer le spectacle que produisent les joueuses. Moi je n'ai pas vu grand-chose aujourd'hui, j'ai suivi un peu à distance, mais on a eu la chance d'échanger un petit peu avec Elsa qui est venue nous voir ce midi lors du déjeuner, et je crois qu'elle a l'ambition de gagner enfin ici, parce qu'elle a fait une finale déjà, elle a gagné en double, mais en simple, elle n'a jamais réussi à le faire. Donc je lui souhaite bonne chance."
"Beaublanc c'est un nom qui résonne"
Q: Le site de Beaublanc, vous le connaissez ? Vous êtes déjà venu ici commenter des matchs de tennis.
Matthieu Lartot :
"Oui, je suis venu en reportage d'abord une fois ici, et puis je suis revenu quelques années plus tard, alors à l'époque ça s'appelait encore la Fed Cup, maintenant c'est devenu la Billie Jean King, mais j'étais venu commenter effectivement la Fed Cup, Amélie Mauresmo était capitaine, et c'était super pour moi, parce que ça m'a rappelé des souvenirs de jeunesse.
Moi je suivais énormément le CSP à l'époque, et Beaublanc c'est un nom qui résonne, qui me renvoie à des images très très fortes de cette jeunesse. Donc ça m'a ému en fait, quand je suis arrivé à Beaublanc pour commenter pour la première fois, alors c'était du tennis, mais avec l'endroit particulier, cette structure bois qui n'existe plus, franchement moi qui parcours le monde, et toutes les salles de sport qu'on peut imaginer, les stades, etc. Il est assez unique quand même Beaublanc, il mérite quand même un petit coup de neuf, un petit coup de rénovation, mais on sent un lieu chargé d'histoire. Il y a une âme, il y a quelque chose qui se dégage, donc ce n'était pas anodin de venir commenter ici."
"Quand il n'y a pas d'assurance ou de tiers responsables pour vous donner un coup de pouce sur les matériels, il n'y a pas grand monde à part des associations"
Q: Pouvez-vous nous parler de votre association ?
Matthieu Lartot :
"J’ai eu l'idée de fonder une association qui s'appelle « Debout en bouts » à la suite de mon amputation, elle a vu le jour en 2024, et en fait c'est une association qui lutte pour réduire les inégalités qui existent dans le monde de l'appareillage orthopédique quand on est amputé, donc on n'a malheureusement pas le même traitement ni les mêmes matériels selon la nature de l'amputation. Donc quand vous avez une maladie, c'est un peu la double peine aujourd'hui, la loi est ainsi faite en France, et donc comme je ne supporte pas beaucoup les inégalités quelles qu'elles soient, quel que soit le domaine, je me suis dit qu'il fallait qu'on agisse en fait pour faire en sorte de peut-être changer la législation, mais dans un premier temps surtout aider.
Alors moi je suis très sensible aux personnes amputées à la suite de cancer, puisque ça fait écho à ce que j'ai vécu, et particulièrement pour les enfants et les adolescents, donc avec l'association, on accompagne notamment des jeunes. On a quelques jeunes filles dans l'association qui ont été amputées à la suite d'une maladie, on leur finance des prothèses qui ne sont pas remboursées par la sécurité sociale, des prothèses sportives, on est là pour donner un coup de main sur des restes à charge.
Le monde du handicap coûte très cher, et quand il n'y a pas d'assurance ou de tiers responsables pour vous donner un coup de pouce sur les matériels, il n'y a pas grand monde à part des associations. Donc on a créé cette association il y a un an et demi, on a monté un premier événement d'envergure il y a quelques mois, c'était en octobre à Roland-Garros où on a fait défiler des personnes amputées, où on a passé un petit peu tous les messages qu'on espérait passer. On a permis à ces gens-là aussi de reprendre un petit coup de projecteur après les Paras, les Jeux Paralympiques de Paris il y a un an.
On nous vend l’inclusion à longueur de temps, ça se diffuse comme ça à l'occasion d'événements comme les Jeux Paralympiques et puis une fois qu'on a rangé les podiums, qu'on a passé l'événement, ça a tendance un peu à disparaître donc on essaye de faire perdurer tout ça."
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Q: Vous êtes déçu justement que l’impact se soit un peu essoufflé après les jeux Paralympiques ?
Matthieu Lartot :
"Ouais ! Finalement, les Jeux Paralympiques, ça a été ponctuel. Ça a eu un impact colossal pendant, parce que je peux vous le dire, à France Télévisions, on a fait des audiences sur les Jeux Paralympiques qu'on n'imaginait pas. Le titre, par exemple, en Cessifoot, ça a fait quasiment 6,5 millions de téléspectateurs, ce qui est colossal.
On a fait vraiment de belles audiences et je pense une couverture éditoriale qui avait beaucoup de sens et d'impact et donc ça a marqué quand même les gens. Ça a sans doute permis de changer un peu le regard quand même de notre société sur les personnes en situation de handicap, mais comme on pouvait le craindre, c’est un peu passé.
C'était vraiment mon état d'esprit avant les Jeux : je m'étais dit, bon, ça va durer le temps que ça va durer, les 12 jours de compétition, un peu avant, un peu après, et puis ça va lentement disparaître et on aura l'impression d'avoir vécu une parenthèse un peu enchantée. Et malheureusement, c'est un peu ce qui s'est passé… L'héritage de ces Jeux dont on a beaucoup parlé, n'est pas très perceptible par moment et ça passe donc par la mobilisation de gens qui ont des associations, qui oeuvrent pour que le handicap en France soit un vrai sujet de société tout le temps et pas uniquement 12 jours tous les 4 ans.
Après, attention, il ne faut pas dire que rien n'a été fait ! je pense encore une fois qu'il y a eu une vraie transformation sur le regard, la perception du monde du handicap. Mais maintenant il faut que les pouvoirs publics passent à l'action et qu’on ait des avancées réelles en termes d'accessibilité, d'accueil des personnes en situation de handicap dans des lieux de sport par exemple, dans des enceintes sportives, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à faire et donc il faut porter ces messages et ne pas lâcher parce que si nous on lâche, je ne suis pas sûr que ça avance."
Q: Il y a un livre aussi, qui raconte un peu votre histoire.
Matthieu Lartot :
"Oui, « On n'ampute pas le cœur » que j'ai sorti il y a un petit peu plus d'un an, qui était un peu une réponse aussi quelque part aux gens qui m'ont apporté leur soutien pendant toute cette période, la récidive du cancer, l'amputation, la reconstruction physique… c'était livrer un peu l'intégralité de mon histoire puisque c'était une récidive et donc c'est quand même un grand pan de ma vie et je suis très heureux de l'avoir fait parce que je me rends compte de l'utilité de ce récit-là, parce qu'il y a malheureusement trop de gens qui font face à la maladie. il résonne beaucoup chez les gens parce que c'est l'histoire d'un chemin de vie parfois un peu cabossé mais c'est le message que j'espérais qu'il véhicule, et qui à la fin, montre qu'on peut quand même réussir des choses, s'épanouir malgré les épreuves.
J'ai plein de gens qui me font des retours assez élogieux et ça me touche beaucoup et je suis donc très content de m'être laissé convaincre de faire ce livre."
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