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Limoges : l’affaire de la bande de filles violentes du Jardin d’Orsay résolue par la police

L’affaire des violences entre filles, qui ont récemment fait l’objet de diffusions de vidéos sur les réseaux sociaux, a été résolue par les policiers de la Sûreté départementale de Limoges. La thèse qui penchait pour des violences gratuites en réunion s’est avérée inexacte.

  • Par: Johan Detour
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Pour rappel, une vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux il y a quelques semaines, suscitant alors de vives émotions, notamment chez les Limougeauds. Cette vidéo montrait une jeune fille qui en humiliait une autre, l’insultant, lui tirant les cheveux et la giflant. Le tout sous les regards de quelques badauds.

Puis, les jours ont passé et la situation s’est dégradée, avec des violences entre filles de plus en plus fréquentes, qualifiées parfois comme des « agressions gratuites par une bande violente ».

Tout portait alors à croire que ces vidéos étaient destinées à créer une sorte de buzz et générer « des clics » sur les réseaux. Mais la réalité est en fait tout autre…

Une histoire de garçon
Le point de départ de cette affaire est en fait une histoire de cœur. Une jeune fille de 14 ans fréquentait un jeune homme récemment séparé de son ex-petite amie. Sauf que cette dernière n’acceptait pas la situation. L’une de ses amies, accompagnée de deux autres filles mineures,  est alors allée trouver la nouvelle petite amie du garçon, place d’Aine à Limoges. Avant de lui infliger une correction pour « venger » son amie, tandis que la scène était filmée par ses complices.

Réactions en chaîne
La diffusion de cette vidéo allait alors déclencher des réactions en chaîne sur les réseaux et dans le collège de la victime. Cette agression était en effet « de trop » pour les amies de la jeune fille humiliée, qui allaient mettre en place une véritable « vendetta ».
Dès le lendemain de cette première altercation, quatre amies de la victime se sont rendues au Palais-sur-Vienne afin de régler leurs comptes. Résultat : une nouvelle scène violente filmée, « pour prouver leur solidarité » avec la victime.

Le surlendemain, c’est une deuxième fille qui était retrouvée Place-Churchill à Limoges par la victime initiale accompagnée de ses copines. Elle était amenée de force jusqu’au Jardin d’Orsay où elle allait subir à son tour insultes, menaces, intimidations et autres violences.
D’autres filles ont également reçu des menaces et des insultes sur les réseaux sociaux.

Dénouement de l’histoire
Alors que l'affaire semblait prendre une ampleur incontrôlée, quatre jeunes filles accompagnées d’un adulte se sont rendus au commissariat central de Limoges le 13 avril 2022 pour déposer plainte. L’enquête était immédiatement confiée à la Sûreté départementale qui a rapidement identifiées les cinq mises en cause : une majeure, quatre mineures dont deux connues des services de police. Les auditions ont permis de déterminer le rôle que chacune d’elle avait joué. Une enquête de quatre semaines a permis aux enquêteurs de réunir les preuves suffisantes pour les présenter à la justice.

Et ce mardi 10 mai au matin, un dispositif a été mis en place par les policiers a permis l’interpellation des cinq mises en cause qui ont été placées en garde à vue. Au cours de leur audition, elles ont reconnu les faits exposés par les policiers, prenant chacune leur part de responsabilité dans cette affaire. A l’issue de leur garde à vue de 24 heures, elles ont toutes été déférées au parquet. La femme majeure a été condamnée à une peine de 4 mois d’emprisonnement délictuel avec sursis. Les quatre mineures ont été présentées au juge des  enfants qui a validé des mesures éducatives et un suivi de la Protection judiciaire de la jeunesse dans l’attente de leur jugement fixé au mois de juin. Toutes ces jeunes filles ont l’interdiction d’entrer en contact entre elles, et avec leurs victimes.

« Contrairement à la fable qui circulait à Limoges, aucune ‘ bande de filles ’ n’a écumé les rues de Limoges en s’en prenant à toute jeune fille croisée. Il est maintenant temps que la sérénité revienne sur l’agglomération » conclut la police nationale de Limoges dans un communiqué.