Les raisons de la grève du bac du 17 juin

4 juin 2019 A la une


Le 17 juin 2019, jour des premières épreuves du baccalauréat, philosophie pour les Terminales, français pour les Premières, le SNES-FSU, avec d’autres organisations syndicales, appelle les enseignants du second degré à faire grève. Si l’épreuve est perturbée, menant à son annulation et à la reconvocation des élèves, le ministre en portera l’entière responsabilité. 

Cette modalité d’action est exceptionnelle et se veut dans la mesure de la gravité de la situation. Fruit d’une concertation et de débats dans les établissements, cette décision arrive au terme d’un long processus qui a vu les lycéens se mobiliser, les personnels faire grève, manifester, souvent avec les parents d’élèves, se rassembler devant les établissements, écrire aux parlementaires … contre la loi « pour une école de la confiance », la réforme du lycée et du baccalauréat, et pour lever l’ambiguïté des promesses sur la rémunération des enseignants.

« Autoritarisme et inégalité »

Les lignes de force du projet éducatif porté par Jean-Michel Blanquer sont l’autoritarisme et l’inégalité : inégalité territoriale accrue par l’implantation des formations selon les lycées, inégalité sociale des dispositifs de sélection instaurés par Parcoursup, réduction des finalités de l’école à l’acquisition des savoirs fondamentaux pour les jeunes de catégories populaires, le tout mâtiné d’injections sur la pédagogie et d’insistance sur le devoir d’exemplarité des personnels de l’Education.

Le SNES-FSU a très vite mis en garde le ministre, fait des propositions sur les programmes demandé, un moratoire sur la réforme du lycée, avec comme seule réponse une communication méprisante et agressive. Les chefs d’établissements font part de leurs inquiétudes devant la complexité engendrée par la réforme du lycée. Comment concevoir les emplois du temps des élèves et des professeurs ? Comment organiser des partiels qui nuiront,t à la continuité des apprentissages et déstructureront l’année de terminale dès le mois de mars ?

« Une grève inévitable »

La menace est grande ! Elle touche élèves et parents, livrés à eux-mêmes dans un système ou survit le plus fort, mais aussi les professeurs , méprisés et réduits au rôle de simples exécutants. C’est donc contraint par le refus du ministre de tout dialogue que les professeurs se mettront en grève le 17 juin prochain, non pour pénaliser les élèves, mais pour leur assurer la meilleure éducation possible. Un diplôme national ne fermant pas les portes à certains du fait d leur origine sociale ou territoriale. Si l’épreuve est perturbée, menant à son annulation et à la reconvocation des élèves, le ministre en portera l’entière responsabilité.


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée;Les champs obligatoires sont marqués par une étoile