Arrivée des masques dans la confusion. L’UFC Que Choisir 87 met en garde !

14 mai 2020 A la une


Depuis le lundi 4 mai 2020, pharmacies et commerces ont l’autorisation de vendre des masques de protection, jetables ou en tissu, à l’ensemble de la population. Les masques sont loin d’être accessibles à tous et vont peser dans le budget des ménages. Les prix varient du simple au double, et évaluer leur qualité s’avère plus compliqué que prévu.

Depuis lundi 4 mai, pharmacies et commerces ont l’autorisation de vendre des masques de protection, jetables ou en tissu, à l’ensemble de la population. Ils font partie du dispositif de déconfinement. Les masques deviennent ainsi des produits de première nécessité. Or, ils sont loin d’être accessibles à tous et vont peser dans le budget des ménages. En trouver en pharmacie ou en grande surface relève du parcours du combattant, les prix varient du simple au double, et évaluer leur qualité s’avère plus compliqué que prévu.

« Des méthodes de vente pas toujours légales »

Certaines enseignes relèvent l’identité des acheteurs afin, disent-elles, de réguler les achats par famille. Ainsi, Leclerc limite le nombre de masques à 10 par carte d’identité relevée, à raison d’un achat tous les 7 jours. Intermarché a brièvement annoncé réserver ses masques chirurgicaux aux titulaires de sa carte de fidélité, avant de faire machine arrière devant le tollé suscité. Surtout, l’enseigne se trouvait en infraction : l’article L. 122-1 du code de la consommation stipule qu’il « est interdit de refuser à un consommateur la vente d’un produit » ou de la conditionner à la vente d’un autre produit ou d’un service… Cette pratique peut faire l’objet d’un signalement auprès de la Répression des fraudes (DGCCRF). Et pourtant Carrefour Boisseuil l’a fait en vendant des masques, lors du passage en caisse, à condition d’avoir au moins 30€ d’achats. Devant l’étonnement d’un consommateur, la réponse du magasin fut : « Quant au minimum d’achat, il permet au plus grand nombre d’en profiter en évitant que peu de personnes accaparent le stock en passant plusieurs fois en caisse. Malgré cela nous ne pouvons pas satisfaire tout le monde ». 

« Un budget mensuel qui peut peser lourd »

Au-delà de l’infraction patente à l’article L. 122-1, c’est surtout une façon de précariser les plus démunis. Car l’achat de masques représente un budget mensuel de 45€ à plus de 85€ par personne. Le gouvernement a plafonné le prix des masques chirurgicaux à usage unique (à trois plis, de couleur blanche ou bleue) à 0,95€ l’unité. Un montant maximal sur lequel se sont alignées les pharmacies. À ce tarif-là, le budget mensuel s’envole à 85€ par personne (à raison de 3 masques par jour), soit 340€ pour une famille de 4 personnes ! Un montant « intenable », pour l’UFC-Que Choisir. De son côté, la grande distribution a annoncé les vendre à prix coûtant, soit 0,50 à 0,60 € l’unité selon les enseignes, ce qui représente un budget mensuel de 45€ à 54 € par personne (180€ pour une famille de 4 personnes, dans le meilleur des cas). On pourra toujours trouver toutes les explications possibles concernant ces différences de prix ou ces difficultés. Ce sont, une fois de plus, les consommateurs qui sont pénalisés, surtout les plus fragiles économiquement, et cela n’est pas acceptable.

« UFC Que Choisir de la Haute-Vienne »

En attendant la réouverture des locaux de L’UFC Que Choisir de la Haute-Vienne, vous pouvez nous contacter dès maintenant soit pour des conseils, soit pour vous aider à régler un litige commercial : 

  • • par mail en nous écrivant à contact@hautevienne.ufcquechoisir.fr 
  • • en téléphonant à l’un des conseillers-litiges aux numéros suivants : 06 41 02 27 36 ou 06 22 26 72 13 ou 06 09 60 44 83 
  • • ou via notre site Internet : hautevienne.ufcquechoisir.fr 

Interview de François DEVULDER :


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